Forme d'art qui consiste à rendre purement l'impression ressentie et laisse de côté toute description des détails. Système esthétique qui consiste à prendre les impressions ressenties comme principe de création ou de critique.
La révolution picturale qu'accomplirent les peintres impressionnistes
fut très mal accueillie par les contemporains.
Ce fut par dérision qu'un journaliste employa le mot impressionniste
en rendant compte, en avril 1874, de la première exposition du groupe
dans laquelle MONET exposait une toile intitulée Impression, soleil
levant. L'impressionnisme s'annonçait déjà chez les paysagistes
anglais comme CONSTABLE et TURNER, chez DELACROIX,
CORAT et les peintres de Barbizon, chez BOUDIN, premier maître de
MONET, et JONGKIND, qui en furent les précurseurs directs.
Il se place dans la ligne du réalisme, ses adeptes voulant saisir les
choses par une appréhension immédiate, sans le secours de
l'intelligence, qui trie, classe élabore, en tendant parvenir ainsi à une
grande vérité. Les impressionnistes souhaitent fixer le paysage tel que
l'½il le voit dans un moment donné, tel qu'il ne sera plus l'instant
d'après. Ainsi MONET peindra-t-il le même sujet, meules ou
cathédrale de Rouen, à différentes heures du jour, chacune avec sa
lumière et son coloris particuliers. Ces peintres, DEGAS mis à part,
sont donc conduits à travailler principalement en plein air. Le monde
se réduit pour eux à des sensations optiques, à un papillotement de la
lumière dans lequel les formes tendent à s'évanouir. Bouleversant la
technique, se fondant sur la décomposition de la lumière par le
prisme, rencontre avec des théories du chimiste CHEVREUL plus que
conséquence de celles-ci, ils utilisèrent les trois couleurs primaires et
leurs dérivés immédiats. Ils s'aperçurent que deux couleurs
juxtaposées se confondaient pour l'½il, et qu'une couleur et sa
complémentaire, rapprochées, s'exaltaient mutuellement, alors que
mélangées elles se détruisent. Ils peignirent donc par des touches
séparées.
Il n'est guère possible de parler d'école à propos de
l'impressionnisme, les tempéraments des artistes réunis sous cette
étiquette étaient trop différents, de même que, en définitive, leurs
conceptions de la peinture. Seul, MONET poussera l'expérience
jusqu'au bout avec ses Nymphéas. Il s'agit plutôt d'une tendance, d'un
idéal, que possédaient en commun ces jeunes artistes, réunis d'abord
autours de MANET dont « Le Déjeuner sur l'herbe », qui fit scandale
au « Salon des Refusés » de 1863, avait excité l'enthousiasme. Le
Salon des Refusés avait été organisé à la demande des artistes
novateurs dont les ½uvres étaient presque systématiquement rejetées,
chaque année par le jury de sélection du Salon officiel. PISSARRO,
MONET et SISLEY rencontrèrent à Londres, en 1870 PAUL
DURAND-RUEL, qui devint le marchand du groupe.
Mais la peinture des impressionnistes ne se vendant pas ils décidèrent
de faire une exposition, qui s'ouvrit le 25 avril 1874 dans les locaux
du photographe Nadar.
Y participaient : DEGAS, PISSARRO, CEZANNE, MONET,
RENOIR, SISLEY, BERTHE MORISAT, élève de MANET et
bientôt sa belle-s½ur.
Cette manifestation ne rencontra qu'incompréhension et moqueries.
Elle fut suivie de sept autres, qui n'eurent guère plus de succès.
MANET ne participa à aucune d'entre elles, préférant tenter sa chance,
en vain dans les milieux de l'art officiel. La dernière exposition, en
1886, ne réunissait plus, parmi les vétérans, que DEGAS, PISSARRO
et MORISAT, mais SEURAT s'était joint à eux et GAUGUIN les
avait rejoints dès la cinquième exposition, en 1880.
CEZANNE s'était retiré dès la deuxième en 1876. Chacun de ces
artistes évolua selon sa propre nature, et l'on peut dire que MONET,
PISSARRO, SISLEY furent les plus purs représentants de
l'impressionnisme. D'autres peintres de moindre importance, mais
partageant les mêmes idées, comme GUILLAUMIN, LEBOURG ou
CAILLEBOTTE – qui, fortuné aidait ses camarades et légua soixante-
sept de leurs peintures à l'Etat -, exposaient avec le groupe. Ces
peintres affectionnaient les bords des rivières : MONET, MANET,
RENOIR travaillèrent à Argenteuil, RENOIR à Chatou également,
SISLEY à Marly et à Moret-sur-Loing, PISSARRO, GUILLAUMIN,
CESANNE, sur les bords de l'Oise : se sont là quelques-uns des sites
qu'ils ont rendus célèbres. Ayant beaucoup lutté et presque tous
beaucoup souffert, les impressionnistes sont depuis longtemps
reconnus comme des maîtres d'une importance capitale dans l'histoire
de l'art moderne, et leur influence a été considérable hors de France.
Article rédigé selon des recherches faites auprès d'écrits spécialisés.
Le 15/03/2001.

